La suspension des sessions TOEFL et d'autres tests d'anglais en Iran résulte de l'arrêt par le Trésor américain de la délivrance des licences nécessaires, selon l'organisateur ETS. D'autres évaluations citées par les médias iraniens, comme le Pearson Test of English et l'examen en ligne Duolingo, ont aussi été interrompues. Les candidats restent toutefois autorisés à passer les examens dans d'autres pays, mais le coût de tels déplacements rend cette option hors de portée pour une large partie de la population.
Les conséquences économiques aggravent la situation : la monnaie iranienne cote désormais 1,6 million de rials pour 1 euro et l'inflation a atteint 89% en glissement annuel en août, entraînant une érosion dramatique du pouvoir d'achat. Le contexte s'inscrit dans la continuité des sanctions internationales et d'un nouveau choc depuis l'offensive israélo‑américaine sur Téhéran fin février, suivie d'un cessez‑le‑feu en avril, qui ont encore pesé sur les revenus des ménages.
Des effets humains concrets émergent : Nikki, 32 ans et pâtissière à Lahijan, a vu sa session d'examen annulée et cherche désormais un prêt pour aller passer le test en Arménie, au détriment de soins dentaires prévus. Leila, admise en master à Berlin, ne peut elle non plus financer un déplacement à l'étranger et envisage finalement d'étudier en Iran. Sur Telegram, des groupes de candidats — l'un comptant plus de 24 000 membres — échangent itinéraires et calculs de coûts pour des destinations comme l'Arménie, l'Irak ou la Turquie.
Les autorités iraniennes ont condamné l'arrêt des examens : le ministre des Sciences, Hossein Simai Sarraf, a qualifié la décision de « digne de l'âge de pierre », reprenant l'accusation politique à l'encontre de Washington, tandis que Téhéran dénonce une sanction touchant « tous les citoyens iraniens ». Les étudiants plongés dans l'incertitude élaborent désormais des plans de secours, souvent contraints par des considérations financières.


