Les marchés obligataires sont restés sous pression jeudi. Vers 14 heures, le rendement du Treasury américain à 10 ans évoluait autour de 5,13 %, après une hausse de plus de dix points de base la veille. En Europe, le Bund allemand à 10 ans se situait autour de 3,58 %, tandis que l’OAT française de même échéance atteignait environ 4,69 %.

L’écart entre les rendements français et allemands à 10 ans s’est ainsi établi autour de 111 points de base. Ce spread mesure la prime exigée par les investisseurs pour détenir de la dette française plutôt que la référence allemande. Son élargissement intervient dans un contexte de préoccupations sur les finances publiques françaises, auquel s’ajoute un environnement global de taux plus élevés.

La hausse des prix de l’énergie renforce également les anticipations d’inflation et entretient l’idée que les banques centrales pourraient maintenir une politique monétaire restrictive plus longtemps. Pour les investisseurs, la tension sur les rendements peut affecter plusieurs classes d’actifs à la fois. Elle pèse sur les obligations existantes, dont les prix évoluent en sens inverse des taux, et peut réduire l’attrait relatif des actions les plus chèrement valorisées. L’évolution du spread France Allemagne constitue en parallèle un baromètre du risque souverain perçu au sein de la zone euro.