Les actions des grands opérateurs télécoms américains reculent fortement avant l’ouverture après l’annonce d’un accord de SpaceX portant sur des fréquences nationales en bande basse. T-Mobile perd 6,3 %, AT&T 5,7 % et Verizon 5,1 %. Le mouvement s’étend à l’Europe, notamment à Deutsche Telekom, actionnaire majoritaire de T-Mobile US.
Le portefeuille de licences doit permettre à Starlink Mobile de renforcer ses services de connexion directe aux appareils. Les fréquences basses présentent un intérêt particulier : elles couvrent de longues distances et pénètrent mieux les bâtiments que les bandes plus élevées. Jusqu’à présent, les services satellitaires directs étaient surtout perçus comme une solution complémentaire dans les zones sans couverture. L’accord rapproche SpaceX d’un positionnement d’opérateur mobile à part entière.
Selon le Wall Street Journal cité par Reuters, le montant versé à Grain Management atteindrait environ 8 milliards de dollars en numéraire. Les parties n’ont toutefois pas communiqué les conditions financières. La transaction reste soumise à l’approbation de la Federal Communications Commission, ce qui signifie que le calendrier et les obligations réglementaires ne sont pas encore définitifs.
La réaction boursière traduit la crainte d’une concurrence plus directe sur les abonnements et les données mobiles. Morgan Stanley nuance néanmoins le risque immédiat : le déploiement devrait d’abord concerner les zones rurales et l’évolution n’est pas totalement inattendue. Les réseaux terrestres conservent par ailleurs des avantages de capacité dans les zones denses.
Le contexte diffère selon les opérateurs. Depuis le début de l’année, T-Mobile recule de 15,6 %, tandis que Verizon gagne 13,7 % et AT&T affiche une légère progression. L’accord peut donc accélérer une réévaluation des perspectives sans affecter toutes les sociétés de la même manière.
Pour les investisseurs, les questions centrales seront la portée des licences, la vitesse de commercialisation et le coût réel d’un réseau direct aux terminaux. Une approbation réglementaire ne suffira pas à elle seule : SpaceX devra démontrer une qualité de service et une économie capables de concurrencer les infrastructures cellulaires existantes.

