Les données rapportées montrent que la Chine possède entre 1 milliard et 1,4 milliard de barils de stocks de pétrole, soit l’équivalent d’environ 120 jours d’importations. Selon certaines estimations citées, ses réserves dépassaient l’an dernier celles des États-Unis de près de 600 millions de barils. Cette marge de sécurité a autorisé Pékin à réduire sensiblement ses achats au début du conflit iranien, les importations de brut ayant chuté de 23% entre mars et juillet en glissement annuel.

La constitution accélérée des stocks depuis 2024 a impliqué des achats nets massifs, estimés entre 1 million et 1,2 million de barils par jour. La Chine avait parallèlement augmenté ses importations de pays offrant du brut à prix réduit : les achats russes ont progressé de 26% entre 2022 et 2025, et les importations en provenance d’Iran ont plus que doublé. Face aux perturbations, Pékin a commencé à puiser dans ses stocks commerciaux début mai, avec des prélèvements d’environ 700.000 barils par jour jusqu’à la mi-août, tandis que ses réserves stratégiques de surface demeuraient largement intactes.

La stratégie de gestion des stocks s’est accompagnée d’une forte réduction des exportations raffinées et d’un ralentissement de l’activité de raffinage. Les exportations d’essence sont tombées de 93% en glissement annuel au deuxième trimestre ; celles de diesel ont reculé d’environ 25% et celles de kérosène ont diminué de moitié. L’activité des raffineries est passée à près de 12,5 millions de barils par jour en juin-juillet, contre plus de 15 millions avant la guerre.

Pékin mise depuis des années sur la diversification (énergies renouvelables, véhicules électriques, train à grande vitesse, dérivés du charbon) pour réduire sa vulnérabilité : les renouvelables ont fourni environ deux cinquièmes de l’électricité au premier semestre. Toutefois, la dépendance aux importations restait élevée (environ 70% avant la guerre) et le ralentissement du raffinage pèse sur l’industrie : Macquarie attribue au secteur pétrolier et pétrochimique 90% du ralentissement de la production industrielle chinoise au deuxième trimestre.