Renault a enregistré une nette accélération de ses ventes électriques en France : ces modèles ont représenté environ 60 % des ventes de la marque pendant le week-end, selon son directeur général Fabrice Cambolive. Ce niveau constitue un record pour le groupe et prolonge une dynamique déjà visible dans les immatriculations de septembre.
Sur l’ensemble du marché français, les voitures électriques ont pesé 42 % des immatriculations neuves en septembre. Chez Renault, leur part avait atteint 53,5 % sur le mois, en France, principal débouché de la marque. Le passage à environ 60 % lors du week-end confirme donc une progression rapide, soutenue par la hausse des prix de l’essence et du diesel ainsi que par les offres commerciales organisées pendant les dernières journées portes ouvertes de l’année.
Renault a commencé à adapter son outil industriel à cette demande. Début octobre, le constructeur a ajouté une demi-équipe à son usine de Douai, qui fonctionne désormais avec trois équipes. Le site assemble trois véhicules électriques : la Renault 5, la Mégane et la Nissan Micra. Cette montée en cadence sera un point central pour juger si l’entreprise peut transformer l’intérêt commercial en volumes livrés sans dégrader ses coûts.
Pour les investisseurs, le record du week-end est un indicateur favorable, mais il reste ponctuel et intervient pendant une opération commerciale. La confirmation devra venir des immatriculations sur plusieurs mois, des délais de livraison et surtout des résultats trimestriels attendus le 29 octobre. L’économiste Flavien Neuvy, directeur de l’Observatoire Cetelem, estime que l’accélération actuelle a avancé d’environ deux ans la transition européenne vers le tout-électrique. Si cette tendance se maintient, elle pourrait améliorer l’utilisation des capacités de Douai et renforcer la position de Renault sur son marché domestique.

