La sécheresse impacte désormais le bâti en altérant la qualité des sols : ceux-ci deviennent imperméables et favorisent le ruissellement, privant les fondations de portance. À Fontcouverte (Charente-Maritime), Éric et Christine constatent une détérioration année après année et ont dû bricoler pour que certaines portes ferment encore. Les réparations cosmétiques leur coûtent quelques centaines d’euros, mais l’évaluation des travaux structurels nécessaires s’élève à 200 000 euros — somme que leur assureur refuse de prendre en charge tant que la commune n’est pas reconnue en état de catastrophe naturelle.
La procédure de reconnaissance est décisive pour l’indemnisation, et son application locale peut créer de fortes inégalités : des communes voisines peuvent être reconnues alors que d’autres ne le sont pas, au grand dam des sinistrés. Le cas de Marc et Dany illustre l’incertitude : après avoir investi 25 000 euros pour réparer des fissures, de nouvelles lézardes sont apparues, laissant craindre la répétition des travaux et une dépréciation continue du patrimoine.
Sur le plan économique, les assureurs ont déjà supporté une facture significative : la réparation des fissures attribuées à la sécheresse aurait coûté 14 milliards d’euros sur les 30 dernières années. Selon le même constat relayé dans le reportage, ce coût pourrait être multiplié par trois pour les 30 prochaines années si les tendances climatiques se poursuivent. Ces projections renforcent le dilemme des compagnies qui doivent arbitrer entre la hausse des indemnisations et la préservation de leurs modèles tarifaires.
Pour les propriétaires, la question n’est pas que technique mais financière et administrative : l’accès aux aides et à l’indemnisation dépend d’un cadre collectif (reconnaissance de catastrophe) qui ne suit pas toujours la réalité locale du terrain. Face à des montants élevés et des risques récurrents, beaucoup se retrouvent contraints à des solutions palliatives ou à avancer des sommes importantes sans garantie de couverture.

