Marine Le Pen a placé le logement parmi les grands chantiers de son programme présidentiel. Elle propose de donner la priorité aux Français pour l’accès au logement social et de leur réserver les aides personnelles au logement. Ces mesures ont provoqué une forte réaction de l’Union sociale pour l’habitat, d’associations de locataires et de responsables politiques de gauche.

Emmanuelle Cosse, présidente de l’Union sociale pour l’habitat, affirme que les étrangers ne bénéficient d’aucun favoritisme dans l’attribution des HLM. Selon l’organisation, ils représentent 15 % des locataires du parc social. La Confédération nationale du logement estime de son côté que la priorité nationale ne répondrait pas à la pénurie, alors que près de 3 millions de ménages attendent un logement social.

La candidate du Rassemblement national souhaite également supprimer la loi SRU. Adoptée en 2000, celle-ci impose à certaines communes urbaines d’atteindre une proportion de 20 % ou 25 % de logements locatifs sociaux. D’après le dernier bilan cité, un million de logements sociaux ont été produits entre l’entrée en vigueur du dispositif et 2022, soit près de 20 % du parc social actuel.

Parmi les autres propositions figurent l’expulsion de familles qualifiées de délinquantes des HLM, le remplacement de MaPrimeRénov’ par un prêt à taux zéro et la suppression de contraintes liées aux diagnostics de performance énergétique. Ses opposants jugent que ces orientations ne répondent pas suffisamment aux loyers élevés, au manque de construction et aux difficultés d’accession à la propriété.

Le logement reste le premier poste de dépense des ménages et un facteur majeur de pouvoir d’achat. Au-delà de la controverse politique, les mesures finalement retenues pourraient modifier la production de logements sociaux, les aides versées aux locataires, la rénovation du parc et l’activité des professionnels du bâtiment.