L’Institut de recherche en droits humains (IRDH) a rendu publique, lors d’une conférence de presse à Lubumbashi, l’envoi d’un mémorandum au Président de la République pour dénoncer ce qu’il qualifie d’« institutionnalisation de l’impunité » concernant des entreprises minières opérant dans le Haut-Katanga et le Lualaba. Le directeur général, Hubert Tshiwaka, a cité trois dossiers précis: CHEMAF, CDM et SOMIKA.
Sur CHEMAF, l’IRDH affirme que l’entreprise aurait abandonné trois bassins de rejet de lixiviat — eaux usées du traitement des minerais — et que cet abandon aurait déjà causé la mort d’un homme. L’ONG met en avant l’impact humain direct de ce type de gestion des résidus et attire l’attention sur l’absence de mesures réparatrices évoquées dans son mémorandum.
Le cas de CDM renvoie à un incident de novembre 2025: l’IRDH indique qu’environ 2,8 millions de mètres cubes de rejets ont été déversés dans plusieurs quartiers densément peuplés de Lubumbashi (Kasapa, Kamatete et Kamisepe). Le Gouvernement avait alors condamné CDM au paiement d’au moins 6 millions de dollars en faveur des communautés affectées, mais, selon l’ONG, près de sept mois plus tard l’entreprise n’aurait pas encore réglé cette somme.
Enfin, pour SOMIKA l’organisation pointe deux incidents survenus à Kwampisha, où des substances acides auraient été déversées dans les rivières Kasonta et Kibunduka, alimentant le lac artificiel de l’INERA. L’IRDH affirme que « plus de 208 étangs sont pollués pour le moment », et demande une prise en charge des communautés touchées ainsi que le renforcement des mécanismes de contrôle et de sanction.
Jusqu’à la nuit du vendredi 7 août, CHEMAF, CDM et SOMIKA n’avaient pas réagi publiquement aux accusations formulées par l’IRDH. L’ONG appelle le chef de l’État à exiger le respect des droits des victimes et l’application effective des obligations environnementales des opérateurs miniers.

