Le marché marocain de la location de voitures sans chauffeur s’est fortement développé, avec environ 12 000 agences recensées en 2025 selon la Fédération des loueurs d’automobiles sans chauffeur au Maroc. Cette expansion ne signifie pas que le secteur est plus rentable. Les créations d’entreprises s’accompagnent de nombreuses disparitions, certaines agences ne parvenant plus à honorer leurs engagements envers les financeurs, les assureurs ou les organismes sociaux.

L’accès progressivement assoupli à l’activité depuis le milieu des années 2010 a favorisé l’arrivée de nouveaux opérateurs. Le capital social minimum de 500 000 dirhams et l’obligation de disposer d’au moins cinq véhicules demeurent, mais la profession estime que ces critères ne garantissent pas une solidité financière suffisante. La Fédération indique qu’une flotte de moins de quinze véhicules peine généralement à couvrir durablement les charges fixes. À l’inverse, une flotte trop importante et insuffisamment louée alourdit rapidement les mensualités.

Le financement constitue le principal point de tension. Selon la Fédération, les taux proposés aux professionnels peuvent débuter autour de 9 % hors taxes et atteindre 15 % hors taxes selon les dossiers. À ces niveaux, la rentabilité de chaque véhicule dépend étroitement de son taux d’utilisation, du prix journalier et de la longueur des périodes creuses. La demande reste en outre très saisonnière : le pic estival se concentre davantage autour du mois d’août, tandis que les autres reprises d’activité sont plus courtes et irrégulières.

La profession demande donc un cadre plus structuré, avec un contrat-type reconnu, des responsabilités mieux définies lorsque le véhicule loué est impliqué dans une infraction, et des conditions d’accès renforcées. Parmi les pistes évoquées figure un relèvement du capital social requis jusqu’à 1,5 million de dirhams, accompagné de critères de formation et d’expérience pour les dirigeants. Le potentiel lié au tourisme, aux déplacements professionnels et aux grands événements demeure réel, mais il bénéficiera surtout aux opérateurs capables de financer leur flotte et de traverser les périodes de faible activité.