Bruxelles entend soutenir les collectivités locales qui veulent limiter les locations touristiques face à la crise du logement. La proposition vise à clarifier quand les communes peuvent restreindre l'accès aux plateformes et l'achat de biens destinés aux locations de courte durée, sans contrevenir aux règles du marché unique. Le document de travail cité par l'AFP définit aussi les critères de « zones sous tension immobilière », parmi lesquels l'écart entre les prix des logements et les revenus des habitants.

Les chiffres fournis par les institutions européennes alimentent l'argumentaire: les locations de courte durée représentent environ 1,2% du parc immobilier de l'UE, mais peuvent atteindre jusqu'à 20% dans certains quartiers très touristiques. Parallèlement, la crise du logement touche l'ensemble des 27 États membres: en quinze ans, le prix des logements a augmenté de 60% et les loyers d'environ 30%, un phénomène attribué surtout à une construction insuffisante, que l'essor des locations touristiques aggrave dans les zones concernées.

La Commission, portée par la volonté affichée d'Ursula von der Leyen de traiter cette « crise sociale », propose toutefois une exception: les propriétaires qui louent leur résidence principale pour de courtes périodes ne seraient pas visés par la nouvelle règle. Les plateformes contestent l'analyse selon laquelle elles sont responsables des tensions: Airbnb et le CCIA estiment que les restrictions n'ont pas fait baisser les loyers dans toutes les villes et soulignent le cas de Lisbonne, qui a partiellement assoupli ses limites.

En toile de fond, la crainte des collectivités est double: d'une part être empêchées d'agir par des décisions judiciaires attaquant leurs mesures; d'autre part, devoir compenser une offre de logements insuffisante. Le texte européen cherche à lever l'obstacle juridique pour permettre aux villes d'intervenir là où les pressions touristiques fragilisent l'accès au logement local.