Lufthansa pourrait céder certains actifs non stratégiques afin de concentrer ses ressources sur le transport de passagers et le fret. Selon le Financial Times, le groupe allemand étudie des opérations pouvant atteindre près d’un milliard d’euros, avec notamment la possible mise en vente d’actifs logiciels comme Lufthansa Systems, fournisseur de services informatiques à l’industrie aéronautique.
Le marché accueillait l’information avec prudence : après une hausse de 2,21 % la veille, l’action gagnait encore 0,39 % à 7,23 euros. Une cession pourrait apporter des liquidités et simplifier le portefeuille d’activités, mais ses effets dépendraient du prix obtenu et de la rentabilité des actifs vendus.
Ce projet intervient alors que les compagnies aériennes font face à des coûts plus élevés. Le prix du kérosène a doublé depuis le début du conflit au Moyen-Orient, tandis que les charges environnementales devraient augmenter avec l’évolution de la réglementation. Lufthansa doit aussi gérer des tensions avec Fraport, des négociations avec les syndicats de pilotes et de personnel navigant, ainsi que des retards de livraison chez Boeing : 41 appareils sont désormais attendus en 2026, contre 45 auparavant.
Dans le même temps, le gouvernement portugais a retenu l’offre de Lufthansa dans le processus de privatisation de TAP Air Portugal. Le groupe propose 1,025 milliard d’euros pour 44,9 % du capital. Le montant pourrait atteindre 1,2 milliard pour 49,9 %, en fonction de la tranche réservée aux salariés et d’une indemnité de retard. Cette participation renforcerait la présence de Lufthansa au Portugal et les connexions vers l’Amérique du Nord et l’Amérique latine.
AlphaValue maintient une recommandation de réduction et abaisse légèrement son objectif de 6,87 à 6,75 euros. Le bureau reconnaît le soutien actuel des tarifs et de la discipline de capacité, mais anticipe un ralentissement, avec des fenêtres de réservation plus courtes, des taux d’occupation futurs inférieurs à ceux de l’an dernier et le retour offensif des compagnies du Golfe.
Pour les investisseurs, l’enjeu consiste à déterminer si les cessions financeront efficacement la stratégie et compenseront une partie des pressions sur les coûts, sans priver le groupe d’activités rentables.


