La venue du ministre russe Anton Soulianov au sommet des ministres des Finances du G20 organisé par les États-Unis à Asheville a surpris et irrité plusieurs participants. Invité par Washington, Soulianov a siégé autour de la table ovale et a même eu un entretien personnel avec le ministre américain Scott Bessent, ce qui a suscité des protestations, en particulier de diplomates européens. L'Union européenne a obtenu qu'il soit exclu de la traditionnelle photo de famille, prise sans médias, mesure qualifiée d'inhabituelle.

Les réactions publiques ont été nettes: le Canadien François-Philippe Champagne a déclaré à l'AFP que la présence du responsable russe "a créé un malaise, sans aucun doute", et le commissaire européen Valdis Dombrovskis a dit qu'il n'était pas temps de "normaliser la Russie" alors que Moscou bombarde l'Ukraine. L'article rappelle que des frappes russes ont fait au moins 12 morts à Kiev et sa région lors d'attaques nocturnes récentes, et que Berlin accuse la Russie d'un envoi de drone explosif à l'aéroport de Leipzig début août.

Sur le plan des priorités américaines, Scott Bessent a plaidé deux jours pour des politiques de dérégulation et a cherché à rallier d'autres pays à une offensive économique contre l'Iran, annonçant la prochaine inscription de deux banques sur une liste noire sans les nommer. Mais l'analyste James Lindsay du Council on Foreign Relations juge peu probable que la réunion produise des avancées significatives, pointant le mécontentement lié à la présence russe et à l'exclusion de l'Afrique du Sud, écartée par Washington.

Le sommet révèle aussi d'autres frictions: des journalistes du New York Times, Wall Street Journal et Bloomberg n'ont pas été accrédités, et la présidence américaine prévoit de tenir la réunion des chefs d'État en décembre dans le complexe de golf de Donald Trump à Miami. À la veille du sommet, un conflit commercial opposait déjà Washington à Ottawa, avec l'annonce de surtaxes canadiennes devant entrer en vigueur le 8 septembre en réponse à des droits de douane américains.