La France cherche à sécuriser ses approvisionnements énergétiques auprès des producteurs du Golfe dans un contexte de forte tension sur le pétrole et les produits raffinés. Emmanuel Macron a commencé sa tournée au Koweït avant des étapes prévues aux Émirats arabes unis, au Bahreïn et au Qatar. L’objectif annoncé est d’obtenir des engagements sur des volumes de pétrole et de diesel, tout en renforçant les coopérations économiques et de défense.
Le déplacement intervient après des manifestations en France centrées notamment sur le coût de la vie et les prix des carburants. Le président est accompagné de responsables de TotalEnergies et d’Engie, ce qui souligne la dimension industrielle des discussions. Les pays du G7 avaient déjà convenu au début d’octobre de mobiliser jusqu’à 100 millions de barils de leurs stocks stratégiques pour réduire la pression sur les prix.
Le principal obstacle reste logistique et géopolitique. Le détroit d’Ormuz, par lequel transitait environ 20 % du pétrole mondial avant le conflit avec l’Iran, demeure bloqué. Les attaques des Houthis contre l’Arabie saoudite et les tensions autour de Bab el-Mandeb compliquent aussi l’acheminement maritime vers l’Europe. Même si des producteurs du Golfe disposent de volumes, la capacité à les livrer par des routes sûres est déterminante.
Paris veut donc aborder à la fois la disponibilité des hydrocarbures et la sécurisation des voies maritimes, y compris des itinéraires alternatifs. Une mission internationale franco-britannique envisage de contribuer à la réouverture d’Ormuz après un éventuel accord politique, mais les conditions ne sont pas réunies à ce stade.
Pour les investisseurs, cette tournée ne garantit pas une baisse immédiate du pétrole. Elle peut néanmoins apporter des indications sur la disponibilité de volumes supplémentaires, les contraintes de transport et la prime de risque géopolitique. Les valeurs énergétiques, les transporteurs et les secteurs sensibles au carburant resteront exposés à toute évolution des détroits stratégiques.


