La France concentre de nouveau l’attention des investisseurs européens. Sa dette atteint 119 % du produit intérieur brut et le gouvernement ne dispose pas d’une majorité parlementaire pour faire adopter le budget. Dans un environnement mondial de taux élevés, cette fragilité politique et budgétaire pousse les marchés à exiger une rémunération supérieure pour détenir la dette française.

Vers 8 h 30 GMT lundi, le rendement de l’emprunt français à dix ans s’établissait à 4,88 %, contre 4,87 % vendredi. Le taux allemand comparable revenait à 3,42 %, après 3,46 %. L’écart entre les deux pays se creusait donc à environ 146 points de base, mesure directe de la prime de risque demandée à la France. Un accord budgétaire jugé crédible constituerait le principal facteur d’apaisement, tandis qu’une paralysie prolongée pourrait maintenir la pression sur les obligations, l’euro et les actions européennes.

La monnaie unique est tombée à 1,1203 dollar, son plus bas niveau depuis mai 2025. Les incertitudes françaises dominent, mais l’annonce d’élections anticipées en Espagne en novembre ajoute un risque politique régional. Sur les marchés actions, Paris perdait 0,52 %, pénalisé notamment par la chute de 8,04 % de Schneider Electric après l’annonce de l’acquisition de PTC pour 22,6 milliards de dollars. À l’inverse, Francfort avançait de 0,21 %, Londres de 0,44 %, Milan de 0,42 % et Madrid de 0,83 %.

Le pétrole se détendait malgré les risques géopolitiques. Le Brent reculait de 1,41 % à 100,81 dollars et le WTI de 1,85 % à 89,42 dollars. Les exportations de brut du Moyen-Orient hors Iran avaient dépassé leur niveau d’avant-guerre la semaine précédente, selon Kpler, malgré les attaques contre des navires dans le détroit d’Ormuz.

L’Asie bénéficiait davantage des signaux américains : Taipei a gagné 2,55 %, Tokyo 2,40 % et Hong Kong a terminé presque stable. Les chiffres de l’emploi aux États-Unis ont réduit la probabilité perçue d’une nouvelle hausse des taux de la Réserve fédérale. Pour l’Europe, le risque budgétaire français reste toutefois le principal frein à une transmission complète de ce regain d’appétit pour le risque.