Le tribunal correctionnel de Marseille a suivi les réquisitions du parquet et prononcé la fermeture du Marché du Soleil, bazar de 3 600 m2 créé il y a 40 ans et devenu une référence de la vente de produits contrefaits. Fermé depuis février par arrêté préfectoral, le site, composé d'un dédale de 170 box-boutiques, avait vu la contrefaçon représenter jusqu'à 70 % de ses ventes après la crise sanitaire.

Le propriétaire et fondateur, Georges Dahan, 81 ans, a été condamné à quatre ans de prison avec sursis, à la confiscation des murs et à des sanctions financières; il a annoncé son intention de faire appel. Trois de ses frères et une douzaine d'autres prévenus ont également reçu des peines de prison avec sursis; parmi eux figurent trois policiers municipaux condamnés à 18 à 24 mois de prison avec sursis et une interdiction d'exercer, ainsi qu'une employée préfectorale condamnée à 18 mois avec sursis pour avoir reçu de l'argent afin d'empêcher la fermeture.

L'enquête et les poursuites font suite à une opération de grande ampleur conduite en février par 300 agents qui a permis la saisie de plus de 200 000 articles contrefaits, pour une valeur estimée à 42 millions d'euros. La procureure a décrit un marché devenu «un monstre nourricier et lucratif»: AMG Promotion, la société familiale présidée par M. Dahan, a vu son chiffre d'affaires passer de 700 000 euros en 2020 à 1,7 million en 2023, tandis que les loyers des box rapportaient environ 150 000 euros par mois au propriétaire.

L'Union des Fabricants (Unifab) a salué la décision, estimant que le marché constituait «l'un des principaux foyers de distribution de marchandises contrefaisantes en France» et appelant à faire de ce jugement un exemple pour d'autres lieux comme les puces de Saint-Ouen. Si la fermeture est confirmée en appel, c'est tout un secteur commerçant du quartier de la gare Saint-Charles qui risque de subir les conséquences économiques et sociales d'un site central désormais à l'arrêt.