Medincell entre dans une séquence décisive avec l'examen réglementaire américain d'une injection mensuelle d'olanzapine contre la schizophrénie, développée avec Teva. Une décision de la FDA est attendue dans la première moitié d'octobre. Le produit repose sur la technologie BEPO, qui forme sous la peau un dépôt biodégradable libérant progressivement le principe actif.
L'enjeu médical est l'observance des traitements de longue durée. Selon la direction de Medincell, l'arrêt ou l'irrégularité des traitements concerne une part importante des patients et environ 80 % des personnes atteintes de schizophrénie interrompent leur traitement au bout de deux ans. Une formulation mensuelle vise à réduire ce risque, sans toutefois le supprimer.
Le premier produit issu du partenariat avec Teva, Uzedy, une formulation prolongée de rispéridone, a été autorisé en avril 2023. Le directeur général de Medincell estime que les ventes de Teva pourraient atteindre environ 300 millions de dollars cette année, ce qui représenterait au moins 15 millions de dollars de redevances pour Medincell. Il évoque une progression annuelle d'environ 40 % des ventes et des redevances sur les trois dernières années. Ces chiffres relèvent des indications de la direction, tandis que le pic de ventes d'Uzedy est estimé en moyenne à 1,2 milliard de dollars en 2030 par les analystes cités.
Pour l'olanzapine, Medincell met en avant l'absence de problème comparable au surdosage rare qui avait imposé une surveillance de trois heures pour un produit concurrent, après environ 3 600 injections dans les essais de la formulation Teva. La décision réglementaire reste néanmoins l'étape incontournable.
Le portefeuille ne se limite pas à Teva. Un programme avec AbbVie, encore non dévoilé, doit entrer en clinique en 2027 et peut générer jusqu'à 315 millions de dollars de paiements d'étapes, auxquels s'ajouteraient des redevances en cas de succès. D'autres travaux portent notamment sur la contraception et, à un stade exploratoire, sur les traitements GLP-1.

