Les résultats trimestriels de Meta, attendus après la clôture de Wall Street, seront lus à travers deux questions : la publicité peut-elle conserver son rythme de croissance et financer l’effort exceptionnel consacré à l’intelligence artificielle ? Les analystes anticipent un chiffre d’affaires compris entre 63,3 et 63,4 milliards de dollars, soit une hausse d’environ 24 % sur un an, ainsi qu’un bénéfice par action de 6,64 dollars.
La publicité reste le moteur économique du groupe. Au deuxième trimestre, le nombre d’impressions avait progressé de 14 % et leur prix moyen de 12 %. Cette dynamique n’avait toutefois pas empêché la marge opérationnelle de reculer à 31 %, contre 43 % un an auparavant. Les charges avaient augmenté de 55 %, notamment sous l’effet de 2,4 milliards de dollars de frais juridiques et de 1,18 milliard de coûts de restructuration.
Le second test concerne la rentabilité future des investissements dans l’IA. Meta avait investi 31,1 milliards de dollars au trimestre précédent, tandis que son flux de trésorerie disponible était tombé à 784 millions. Le consensus évoque 41,7 milliards de dollars de dépenses d’investissement au troisième trimestre et une enveloppe annuelle de 130 à 145 milliards. Le marché cherchera donc des preuves que ces montants améliorent déjà les performances publicitaires ou préparent de nouvelles sources de revenus.
Enfin, une charge comptable de 10 milliards de dollars liée à un accord avec plusieurs États américains rendra le bénéfice net publié moins représentatif de la performance courante. Les investisseurs devraient privilégier les résultats ajustés, la marge opérationnelle et la génération de trésorerie. Une croissance publicitaire solide accompagnée d’une meilleure visibilité sur le rendement de l’IA soutiendrait le titre ; à l’inverse, une nouvelle compression des marges relancerait le débat sur la discipline du capital.



