Merck et Moderna ont communiqué des résultats positifs lors de la phase 3 d’un vaccin thérapeutique à ARN messager, intismeran autogene, ciblant des patients porteurs d’un mélanome en phase avancée et déjà opérés. Les deux laboratoires précisent qu’il s’agit, selon eux, de la première annonce de résultats positifs de phase 3 pour une thérapie anticancéreuse à base d’ARNm. L’étude a réuni plus de 1.100 participants, ce qui constitue l’étape décisive avant une demande d’autorisation de mise sur le marché.

Le traitement est « sur mesure » : il est conçu à partir des mutations spécifiques de la tumeur de chaque patient et repose sur la technologie ARNm pour inciter les cellules à produire des protéines déclenchant une réponse immunitaire. Les essais ont testé intismeran en association avec Keytruda, l’immunothérapie de Merck, et ont montré une amélioration « statistiquement significative » de la survie sans récidive par rapport à Keytruda seul. Les entreprises n’ont pas publié de données chiffrées détaillées dans leur communiqué mais annoncent qu’elles présenteront les résultats lors d’un prochain congrès médical.

Moderna, déjà connue pour ses vaccins ARNm contre le Covid-19 développés à grande échelle, et Merck prévoient d’entamer des démarches auprès des autorités réglementaires pour demander l’approbation du traitement. Après la publication, l’action Moderna a bondi en préouverture de Wall Street, avec un gain indiqué de +65,18% vers 11h40 GMT. Les laboratoires rappellent aussi que le mélanome demeure une forme grave de cancer de la peau, avec plus de 330.000 nouveaux cas diagnostiqués dans le monde en 2022.

Les déclarations incluent un commentaire de Stéphane Bancel (Moderna) soulignant que la vision d’un traitement ARNm personnalisé pour le cancer devient réalité. Les prochaines étapes annoncées sont la divulgation complète des données et le lancement des démarches réglementaires.