Moonshot, la startup chinoise à l’origine des modèles d’intelligence artificielle Kimi, cherche à résoudre un litige susceptible de compliquer son projet d’introduction en Bourse à Hong Kong. Le différend l’oppose à Recurrent.ai, société cofondée par plusieurs dirigeants de Moonshot avant la création de la startup en 2023.

Recurrent.ai et certains investisseurs accusent le directeur général Yang Zhilin et le directeur technologique Zhang Yutao d’avoir lancé Moonshot sans autorisation et d’avoir trompé les actionnaires de leur ancienne entreprise. Les griefs portent aussi sur de possibles transferts de données et de serveurs, ainsi que sur la suppression d’informations. Les dirigeants contestent ces accusations, dont le bien-fondé n’a pas été vérifié indépendamment.

Une procédure d’arbitrage est ouverte à Hong Kong depuis 2024. Les plaignants demandent une indemnisation représentant 10,5 % du capital initial de Moonshot. Sur la base d’une valorisation de 30 milliards de dollars évoquée en juin, cette participation pourrait valoir plus de 700 millions de dollars. Recurrent.ai avait déjà obtenu 9,5 % du capital lors de la création de la startup. Des discussions amiables sont en cours, sans assurance qu’un accord soit proche.

Moonshot bénéficie du soutien d’Alibaba, Tencent, Meituan et China Mobile. Son modèle Kimi K3, présenté en juillet, compterait 2 800 milliards de paramètres. L’entreprise aurait déposé confidentiellement en septembre un dossier de cotation à Hong Kong.

Le litige ne bloquerait pas nécessairement l’opération, mais il ajoute plusieurs risques pour les investisseurs : gouvernance, propriété des actifs technologiques, transparence de l’actionnariat et dilution potentielle. Avant une cotation, la qualité des disclosures et le règlement des revendications seront aussi importants que les performances techniques des modèles. Une valorisation élevée ne pourra être défendue durablement que si la propriété intellectuelle et la structure du capital sont clairement établies.