Washington a dévoilé un ensemble de mesures visant non pas directement l’Iran mais ses contreparties commerciales : banques, opérateurs du transport maritime et aérien, fournisseurs de technologies, marchés de l’or et acteurs des actifs numériques. L’objectif déclaré par l’administration est de « couper toutes les ressources économiques » disponibles pour le régime iranien en frappant les flux et les services qui le soutiennent.

Le Trésor américain n’a pas précisé le calendrier d’entrée en vigueur ni la liste des pays visés, mais a menacé d’étendre des pénalités « secondaires » et d’exclure du système du dollar les États qui ne se conforment pas. Cette stratégie met la pression sur des partenaires importants de l’Iran — la Chine est spécifiquement évoquée comme grande consommatrice de pétrole iranien — et s’inscrit dans une logique d’isolement financier plus large que Washington cherche à imposer.

Téhéran rejette ces mesures, les qualifiant d’aveu d’échec américain, et affirme disposer d’un plan de riposte sur deux ans. Les responsables iraniens admettent cependant des difficultés économiques aiguës : inflation galopante, chute de la monnaie nationale et réduction drastique des exportations pétrolières, passées de près de deux millions de barils par jour à environ 0,4 million selon Kpler.

La situation géopolitique alimente en outre des tensions opérationnelles dans le détroit d’Ormuz, verrouillé en grande partie par l’Iran depuis plusieurs mois, ce qui a contribué à la hausse des cours du pétrole et à un renforcement des préoccupations sur la sécurité des approvisionnements. Parallèlement, Washington a annoncé la levée de certaines désignations contre la Syrie et un groupe armé syrien, ouvrant la voie à un réajustement des relations et des flux d’investissement vers Damas.