Les déclarations chocs de Donald Trump — y compris la menace de bombarder l’Oman et ses provocations à l’égard de l’Iran — ont crispé les marchés et relancé la hausse des prix du pétrole. Le Brent de la mer du Nord a gagné 2,66 % pour atteindre 90,87 dollars le baril, tandis que le WTI américain a progressé de 2,55 % à 84,50 dollars, reflétant une prime de risque géopolitique immédiate sur les approvisionnements.
Cette remontée des cours pétroliers a pesé sur les indices actions mondiaux. À Wall Street, le Dow Jones a cédé 0,51 %, le Nasdaq 0,32 % et le S&P 500 0,52 %. En Europe, Paris a reculé de 0,66 %, Francfort de 0,38 % et Londres de 0,28 %, Milan faisant exception (+0,01 %). Jose Torres d’Interactive Brokers souligne que la hausse des coûts énergétiques alimente les anticipations d’inflation et pèse sur les marges des entreprises.
Du côté des autorités iraniennes, le porte-parole Esmaïl Baghaï estime que le délai de négociation de 60 jours prévu par le protocole d’accord irano-américain est rendu caduc par des « violations » américaines, alimentant encore l’incertitude politique. Les analystes relèvent que ces évolutions géopolitiques peuvent rendre les données d’inflation récemment publiées obsolètes face à une remontée des pressions sur les prix.
Les marchés obligataires reflètent ce regain de tension : le rendement des Treasuries à 10 ans s’élevait à 4,73 % (contre 4,69 %) et le 30 ans à 5,31 %, un plus haut depuis juin 2007. En Europe, le taux français à 10 ans a grimpé à 4,07 % (plus haut depuis 2009) et le Bund allemand à 3,23 % (plus haut depuis 2011). Les commentaires de Patrick O’Hare et Florian Ielpo signalent que la divergence entre inflation effective et anticipée complique la prise de risque des investisseurs.
Enfin, les traders et stratèges attendent les « minutes » de la Fed pour des indications sur l’état d’esprit des décideurs, remarque Neil Wilson de Saxo : dans un contexte où ventes au détail et inflation montrent des signes de faiblesse alternant avec des chocs prix, la lecture de la politique monétaire sera cruciale pour les marchés.


