La perception de la santé financière de la France se détériore : selon un sondage IFOP dévoilé le 31 août, quatre Français sur dix estiment la situation «très inquiétante» (une hausse de 5 points en huit mois) et près de la moitié la qualifient de «grave». Ces craintes s'expliquent en partie par des chiffres macroéconomiques préoccupants cités dans l'article : une dette qui dépasse 115% du PIB et un déficit attendu autour de 5% du PIB, rendant, selon les analystes cités, un rétablissement des finances publiques inéluctable.

Face à ce constat, les Français se disent prêts à consentir des efforts mais avec des conditions strictes : 77% veulent des mesures «ciblées et difficiles», prises rapidement pour éviter des «mesures générales beaucoup plus brutales». En matière de préférences, 61% privilégient une réduction des dépenses publiques plutôt qu'une hausse des impôts. Les sensibilités partisanes diffèrent fortement : 80% des sympathisants du RN et 75% de ceux des Républicains rejettent les hausses d'impôts, tandis que à gauche la division est nette — à peine plus d'un tiers des écologistes et des sympathisants de LFI refusent les hausses, et plus d'un quart des électeurs PS partagent ce scepticisme.

Une minorité (15% de l'ensemble), mais significative, est favorable à la combinaison économies/hausse d'impôts ; ce chiffre atteint 40% chez les sympathisants du PS. Le sondage, commandé par le Service d'information du gouvernement (SIG), tombe alors que les débats budgétaires pour 2027 s'annoncent déjà âpres : la porte-parole du gouvernement, Maud Brégeon, chiffre à 15 milliards d'euros le coût d'un blocage budgétaire. Dans ce contexte, le gouvernement souligne l'existence d'un «espace pour un budget de compromis» à condition d'éviter une impression d'austérité généralisée.

Sur les priorités sectorielles, les Français veulent protéger la santé (73%), loin devant l'éducation (46%), puis la police/gendarmerie, la défense et l'adaptation au changement climatique. Globalement, la population attend des mesures rapides et partagées, tout en restant méfiante face aux hausses d'impôts et aux lois spéciales.