L’hypothèse d’un rapprochement entre Tesla et SpaceX prend une dimension plus concrète, sans être encore une opération. Elon Musk a déclaré qu’une fusion serait une « bonne idée » et les deux sociétés ont mis en place des comités spéciaux chargés d’examiner cette possibilité. Aucun calendrier, rapport d’échange ni terme financier n’a toutefois été communiqué.
Le débat intervient au moment où SpaceX affiche une forte accélération. Son activité liée à l’intelligence artificielle a généré 7,6 milliards de dollars de chiffre d’affaires au troisième trimestre, soit plus de neuf fois son niveau antérieur, principalement grâce à la location de capacités de calcul. Le groupe a dégagé un bénéfice net de 4,4 milliards, contre une perte de 1,1 milliard un an plus tôt et une attente moyenne de 1,57 milliard.
Starlink a atteint 13,6 millions d’abonnés, au-dessus des 12,19 millions anticipés par les analystes. Cette expansion a néanmoins un coût économique : le revenu mensuel moyen par abonné est passé de 99 dollars en 2023 à 69 dollars au troisième trimestre, sous l’effet de forfaits internationaux moins chers.
Les besoins d’investissement restent considérables. Les dépenses d’investissement ont presque triplé pour atteindre 19,6 milliards de dollars, notamment dans les infrastructures informatiques. Starship n’est pas encore exploité commercialement et sa mise au point demeure essentielle pour déployer des satellites plus performants et de futures capacités de calcul orbitales.
Une fusion pourrait réunir automobile, énergie, connectivité satellitaire, lancement spatial et calcul. Mais elle poserait aussi des questions de valorisation, de gouvernance, d’allocation du capital et de protection des actionnaires minoritaires. Pour les investisseurs, les résultats de SpaceX sont vérifiables ; les synergies d’une fusion restent, elles, hypothétiques tant que les comités n’ont pas présenté de conditions précises.

