Nanobiotix a dévoilé de nouvelles données cliniques sur JNJ-1900, anciennement NBTXR3, dans le mélanome cutané avancé devenu résistant aux immunothérapies. Présentés au congrès de la Société européenne d’oncologie médicale à Madrid, les résultats proviennent d’une étude de phase 1 menée auprès de 24 patients lourdement prétraités.

Le protocole associe une injection intratumorale de NBTXR3 à une radiothérapie stéréotaxique, puis à une immunothérapie par pembrolizumab ou nivolumab. L’objectif est d’amplifier localement l’effet de la radiothérapie et de favoriser une réponse immunitaire contre la tumeur. Le profil de sécurité est jugé acceptable, sans nouveau signal préoccupant identifié dans cette petite cohorte.

Sur le plan de l’efficacité, le taux de réponse objective atteint 41,7 %. Des réponses ont été observées dans les lésions directement traitées, mais aussi dans certaines lésions non injectées. Ce dernier point est particulièrement suivi, car il pourrait suggérer un effet immunitaire au-delà de la zone ciblée. La médiane de survie sans progression ressort à 6,9 mois et la survie globale médiane à 17,8 mois.

Ces chiffres paraissent favorables pour des patients disposant de peu d’options thérapeutiques. Les données historiques citées dans la littérature évoquent environ trois mois de survie sans progression et près d’un an de survie globale. Cette comparaison ne constitue toutefois pas une preuve. Les populations, les critères de sélection, les traitements antérieurs et les méthodes d’évaluation peuvent différer fortement entre études.

Des analyses exploratoires montrent également une augmentation de l’IL-1, une cytokine impliquée dans certains mécanismes de réponse immunitaire antitumorale. Ce signal biologique offre une piste pour comprendre le mécanisme du traitement, mais il reste exploratoire et ne remplace pas la démonstration d’un bénéfice clinique.

Pour l’investisseur, ces résultats renforcent le potentiel de NBTXR3, développé avec Johnson & Johnson. Ils apportent un signal supplémentaire sur une plateforme qui cherche à rendre les tumeurs plus sensibles à la radiothérapie et à l’immunothérapie. La présence d’un partenaire pharmaceutique majeur contribue à la crédibilité du programme.

La prudence reste indispensable. L’essai ne compte que 24 patients, ne comporte pas de groupe témoin et correspond à une phase précoce du développement. Les résultats peuvent évoluer avec davantage de recul. Des études randomisées plus vastes devront confirmer la sécurité, l’ampleur des réponses et le bénéfice sur la survie. La valeur boursière du programme dépendra donc surtout des prochaines étapes cliniques, de leur calendrier et de leur capacité à reproduire ces premiers signaux.