Le Fonds monétaire international met en garde contre une montée des risques budgétaires au Nigeria liée à l’élévation des taux d’intérêt internationaux et à la fragilité de l’accès aux capitaux extérieurs pour les économies émergentes. Le FMI souligne que la hausse des coûts de refinancement peut réduire la marge de manœuvre budgétaire d’Abuja en augmentant la part des recettes absorbée par le service de la dette.

Les chiffres officiels publiés par le Debt Management Office montrent un encours total de 159 351 milliards de nairas au 31 mars 2026, soit 114,95 milliards de dollars. La structure de la dette est majoritairement intérieure (54,85 %) contre 45,15 % de dette extérieure, ce qui expose le budget aux pressions tant sur le marché local que sur les marchés internationaux en cas de resserrement des conditions financières.

Pour réduire cette vulnérabilité, le FMI recommande d’accélérer la mobilisation des ressources intérieures. L’évaluation du Fonds estime à moyen terme un potentiel de recettes supplémentaires de 4,6 % du PIB via des réformes fiscales et une meilleure administration. Le FMI détaille deux leviers concrets : une hausse de la TVA de deux points, qui pourrait rapporter environ 0,8 % du PIB, et une amélioration du recouvrement et de la conformité fiscale, susceptible de générer jusqu’à 3,1 % du PIB.

Le Fonds appelle cependant à calibrer ces mesures en tenant compte des niveaux de pauvreté et de l’insécurité alimentaire. L’enjeu pour les autorités nigérianes est de réduire la dépendance à l’endettement sans sacrifier les dépenses sociales et la capacité d’investissement publique nécessaires au développement et à la stabilité sociale.