Berenberg durcit fortement son opinion sur Nike. La banque allemande passe de «conserver» à «vendre» et abaisse son objectif de cours de 49 à 27,50 dollars. Elle estime que le groupe ne parvient plus à enrayer la dégradation de sa position dans la mode et le sportswear.

Selon l'analyste, les ventes restent relativement solides dans certaines catégories spécialisées. En revanche, les segments plus généralistes et moins différenciés continuent de perdre du terrain, ce qui pousserait Nike à se recentrer sur des niches plus petites. Cette lecture suggère que le problème dépasse une faiblesse cyclique et touche le positionnement concurrentiel de la marque.

Berenberg anticipe des ventes encore sous pression jusqu'à l'exercice 2027-2028. La banque ne prévoit pas non plus de bénéfice visible du plan de restructuration Pace avant 2028-2029. Si ce scénario se confirme, le redressement serait plus long que ce qu'espèrent les investisseurs et limiterait la capacité du groupe à retrouver rapidement une croissance rentable.

La réaction immédiate du marché ne valide pas entièrement cette inquiétude: l'action avançait de 1,5 % à 34,40 dollars dans les premiers échanges mardi. Le recul de fond reste néanmoins marqué, avec une baisse de 10 % sur un mois et de plus de 45 % depuis le début de l'année.

Une recommandation d'analyste n'est pas un fait opérationnel. Elle repose sur des hypothèses de ventes, de marges et de valorisation qui peuvent évoluer. La cible de 27,50 dollars doit donc être lue comme un scénario, et non comme une valeur certaine.

Pour les investisseurs, les prochains résultats devront préciser l'évolution des ventes dans les catégories spécialisées et généralistes, la dynamique des parts de marché ainsi que les premiers effets mesurables du plan Pace. Tant que ces éléments ne montrent pas d'inflexion, le dossier restera exposé au risque d'un redressement plus lent.