Nike reculait d’environ 3 % à 32,83 dollars après l’abaissement de sa note de crédit par S&P Global Ratings, de A+ à A, assorti d’une perspective négative. Cette décision ne remet pas en cause la capacité immédiate du groupe à honorer sa dette, mais elle signale une détérioration de son profil financier et la possibilité d’une nouvelle baisse de note.
L’agence estime que le redressement de Nike prendra plus de temps et nécessitera davantage d’investissements qu’anticipé. Elle prévoit une forte contraction du chiffre d’affaires, des bénéfices et des flux de trésorerie au cours des vingt-quatre prochains mois. La pression commerciale en Chine reste l’un des principaux obstacles, tandis que les changements au sein de la direction et du conseil pourraient ralentir l’exécution du plan.
La trésorerie constitue le point le plus sensible. S&P prévoit que Nike consommera environ 1,2 milliard de dollars de cash par an pendant les deux à trois prochaines années. Une telle trajectoire réduirait la marge de manœuvre pour financer simultanément le renouvellement des produits, le marketing, la distribution, les dividendes ou les rachats d’actions.
La perspective négative signifie que la note pourrait encore être abaissée dans les douze à vingt-quatre mois si le groupe ne parvient pas à stabiliser puis redresser son activité. Le risque de crédit rejoint ainsi les inquiétudes déjà visibles sur le marché actions. Nike avait touché vendredi son plus bas niveau depuis près de treize ans après avoir annoncé une forte baisse attendue de son chiffre d’affaires annuel.
À la clôture précédente, le titre perdait environ 49 % depuis le début de l’année. Cette baisse importante peut attirer les investisseurs à la recherche d’un retournement, mais la faiblesse du cours ne suffit pas à démontrer que le scénario pessimiste est intégré. Les prochaines publications devront montrer une amélioration des ventes, de la marge brute et du flux de trésorerie disponible avant que la thèse de redressement ne devienne plus crédible.
