Les résultats du deuxième trimestre (période mai-juillet) confirment une accélération spectaculaire pour Nvidia : bénéfice net de 59,7 milliards de dollars, en hausse de 126% sur un an, et chiffre d’affaires de 96,2 milliards, en hausse de 106%. Le bénéfice par action ajusté ressort à 2,22 dollars, au‑dessus des 2,09 dollars attendus par le consensus FactSet.
La direction anticipe une demande très forte tirée par l’essor de l’intelligence artificielle «au moins jusqu’à fin 2027», une prévision inhabituelle dans le secteur et bien reçue par les marchés. Jensen Huang insiste sur le caractère utilitaire de l’IA et sur l’intégration verticale de Nvidia — processeurs, serveurs et logiciels — qui, selon lui, distingue l’entreprise des autres acteurs du cloud et des puces.
Nvidia a commencé les livraisons de sa nouvelle génération de processeurs, baptisée Vera Rubin, tandis que la directrice financière, Colette Kress, prévoit une progression de 70% des revenus pour l’exercice fiscal 2028 (clôturé fin janvier 2028), contre plus de 100% actuellement. Ces prévisions tiennent compte de contraintes d’approvisionnement, notamment sur les composants mémoire, dont le marché restera déséquilibré et tendu au moins jusqu’en 2027 selon les spécialistes.
La pression sur les coûts des mémoires pèse sur les marges : la marge opérationnelle brute, autour de 75% actuellement, devrait se situer entre 71% et 72% au quatrième trimestre, que la directrice financière qualifie de point bas. Nvidia considère néanmoins que ses investissements et montages financiers auprès de clients datacenter stimulent la demande et créent de nouvelles sources de revenus, limitant les risques perçus par la direction.
Les investisseurs ont majoritairement fait abstraction de la contraction de marge annoncée pour privilégier la visibilité à long terme sur la demande IA, entraînant une hausse du titre d’environ 4% dans les échanges électroniques post‑clôture.

