OPay prépare son entrée en Bourse aux États-Unis avec des comptes en forte accélération. Au semestre clos le 30 juin, la société de paiements numériques a réalisé 467,1 millions de dollars de chiffre d’affaires, contre 197,5 millions un an plus tôt. Son bénéfice net a progressé de 21,7 à 90,9 millions de dollars, donnant au dossier un profil de croissance rentable peu courant parmi les candidats récents à une cotation.

La fintech, centrée sur le Nigeria, propose des paiements, des transferts et du crédit aux particuliers et aux commerçants. Elle est également présente en Indonésie, en Égypte et au Pakistan. Son expansion s’appuie sur l’adoption rapide des services financiers numériques par une population jeune et encore largement sous-bancarisée. Ce potentiel structurel doit toutefois être mis en regard des risques réglementaires, de crédit et de change propres à plusieurs de ces marchés.

La société, fondée par Yahui Zhou, avait levé 400 millions de dollars en 2021 sur la base d’une valorisation de 2 milliards de dollars. Avant l’offre, des entités liées à SoftBank détiennent 6,6 % du capital. Stanbic Africa Holdings s’est par ailleurs engagée à investir jusqu’à 200 millions de dollars dans un placement privé parallèle, un apport susceptible de sécuriser une partie du financement de l’opération.

OPay souhaite coter ses certificats américains à New York sous le symbole OPAY, avec Citigroup, Deutsche Bank, Standard Bank et CICC parmi les banques chefs de file. Une cotation secondaire au Nigeria est envisagée après l’introduction américaine. Le prix de l’offre et le nombre de titres n’étant pas encore précisés, les investisseurs ne peuvent pas encore juger la valorisation proposée ni le niveau de dilution.

Le contexte de marché reste exigeant : la hausse des rendements obligataires et des taux réduit l’appétit pour les introductions en Bourse. La solidité des comptes publiés constitue un atout, mais le succès de l’opération dépendra du prix demandé et de la capacité d’OPay à prolonger sa croissance sans dégrader ses marges.