Le modèle économique des parcs d’attractions a profondément évolué : le billet d’entrée n’est plus l’unique source de revenus. Les exploitants cherchent à prolonger la durée de séjour et la dépense moyenne par visiteur via hôtels, restauration, boutiques, spectacles et offres immersives. En Belgique, le professeur Alain Decrop note que le billet représente désormais en moyenne moins de la moitié du chiffre d’affaires, le reste provenant du parking, de la restauration et surtout de l’hébergement insolite.
La concentration du marché profite à de grandes enseignes américaines comme Disney et Universal, tandis que des groupes européens tels que la Compagnie des Alpes consolident leur position. La Compagnie des Alpes a généré 678 millions d’euros dans les parcs de loisirs en 2024-2025, en hausse d’environ 20%. En Belgique, Walibi Belgium prévoit 100 millions d’euros d’investissements sur sept ans avec son programme "Grand Walibi", et Pairi Daiza a investi près de 120 millions d’euros en une seule année.
Les nouveaux projets attirent aussi les fonds souverains : l’Arabie saoudite mise 6 milliards d’euros pour implanter trois parcs près de Paris dans la logique de diversification de son économie et de développement du tourisme, connectée au projet Qiddiya. Ce type d’investissement illustre l’appétit pour des destinations capables de transformer une visite d’une journée en séjour de plusieurs jours.
Des risques structurels subsistent : sensibilité à la conjoncture (réduction des dépenses de loisirs en période d’inflation), coûts opérationnels lourds (maintenance, sécurité) et exposition aux aléas climatiques (vagues de chaleur, pluies intenses) qui peuvent réduire les jours d’exploitation. Pour soutenir la croissance, les opérateurs misent sur la technologie (IA pour optimiser les files d’attente) et sur des infrastructures plus durables.

