Sébastien Lecornu a esquissé le projet de loi de finances 2027 en insistant sur l’urgence budgétaire: l’objectif affiché est d’éviter toute hausse d’impôts en comprimant la dynamique des dépenses publiques après un déficit de l’État à 5,1% du PIB en 2025. Le chef du gouvernement demande aux parlementaires d’agir vite et de faire en sorte que l’augmentation des dépenses soit inférieure à l’inflation.
Malgré ce cadrage, plusieurs ministères verront leurs enveloppes augmentées. Le ministère des Armées recevra un supplément de 6,4 milliards d’euros, la Justice +400 millions, l’Intérieur +600 millions et l’Éducation nationale +800 millions, ce dernier étant relevé malgré une baisse prévisible des effectifs d’élèves pour raisons démographiques. La Recherche bénéficiera de 500 millions supplémentaires.
L’écologie est aussi renforcée avec 1,1 milliard d’euros destinés au soutien des énergies renouvelables et au Fonds vert, une réponse aux demandes exprimées notamment par la gauche et le socle commun. Par ailleurs, Lecornu veut prolonger les aides aux entreprises les plus touchées par la hausse des prix des carburants, dont l’arrêt officiel est prévu le 31 août: la prolongation apparaît comme une urgence pour les secteurs concernés.
Enfin, l’agriculture est posée en priorité de la rentrée face à des effondrements de production touchant 90 départements, une situation qualifiée de «jamais-vu depuis 30 ans» et pour laquelle la loi agricole déjà votée est présentée comme une réponse de moyen terme. Sur les retraites, le Premier ministre a ouvert la voie à une désindexation des pensions par rapport à l’inflation, en excluant toutefois toute mesure touchant les petites retraites.

