Le gouvernement prépare un effort budgétaire de 54 milliards d’euros pour 2027 afin de tenter de redresser les comptes publics. Cette trajectoire intervient après une nouvelle dégradation de la note souveraine française. Selon les chiffres présentés, la dette passerait de 115,6 % du PIB en 2025 à 119,3 % en 2026, puis à 121,7 % en 2027. Le déficit public est attendu à 5,4 % du PIB en 2026, contre 5,1 % en 2025, avant un repli envisagé à 5 % en 2027.

L’exécutif maintient l’objectif d’un déficit inférieur à 3 % du PIB en 2029. Il souligne que la dette ne pourra se stabiliser tant que le déficit restera durablement élevé. Le contexte complique cependant l’ajustement : la prévision de croissance pour 2026 a été abaissée à 0,5 %, tandis que les tensions inflationnistes et la hausse des taux souverains alourdissent les risques.

Plusieurs mesures sensibles restent soumises au débat parlementaire. Le plafond de l’abattement fiscal accordé aux retraités pourrait être ramené à 3 000 euros, contre 4 439 euros au maximum actuellement, pour un rendement estimé à 1,4 milliard d’euros. Un gel ou une indexation des pensions de base inférieure à l’inflation est également envisagé, avec l’intention annoncée de préserver les retraites les plus faibles. Le gouvernement assure qu’aucune pension déjà versée ne diminuerait.

Les aides personnalisées au logement pourraient elles aussi être gelées. Ces arbitrages devront être précisés avant la présentation des textes en Conseil des ministres le 1er octobre, puis lors de leur examen au Parlement. La charge d’intérêt constitue l’autre point critique : elle est estimée à 65 milliards d’euros en 2026 et pourrait atteindre 100 milliards en 2030, voire davantage si les taux continuent de progresser. La crédibilité du budget dépendra donc autant des mesures votées que de leur capacité à ralentir durablement la dette sans aggraver le ralentissement économique.