Philip Lane, économiste en chef et membre du directoire de la Banque centrale européenne, considère que le choc énergétique actuel durera plus longtemps que ce que la BCE envisageait au printemps. L’institution a relevé ses taux de 25 points de base le 10 septembre et estime désormais qu’une nouvelle vague de hausse du pétrole et du gaz peut prolonger les pressions inflationnistes.

Lane précise qu’entre février et la mi-septembre, la BCE n’avait pas encore observé de véritable contagion de la hausse de l’énergie vers les autres catégories de prix. La situation pourrait toutefois changer. La deuxième vague énergétique devrait exercer une pression sur l’alimentation, l’électricité et les biens en général, tandis que les services devraient rester relativement moins touchés. Le scénario central reste donc celui d’une inflation plus forte plus longtemps, avant un retour progressif vers l’objectif à partir de la mi-2027.

Les projections associées au scénario de la BCE montrent la difficulté du passage à travers l’économie. L’inflation pourrait atteindre un pic autour de 3,6 % au quatrième trimestre 2026, tandis que l’inflation alimentaire pourrait encore remonter en 2027. La décrue serait ensuite progressive, avec une inflation moyenne projetée autour de 2,5 % en 2027 puis proche de 2,1 % en 2028. Ces chiffres restent dépendants d’une hypothèse de détente des prix de l’énergie. Une nouvelle aggravation géopolitique modifierait donc rapidement la trajectoire des taux et des anticipations de marché.

La banque centrale devra donc arbitrer entre le risque d’une inflation trop persistante et celui d’un frein excessif sur l’activité, avec une forte dépendance aux données énergétiques des prochains mois.