L'administration fiscale a reconnu que ses systèmes ont été piratés à plusieurs reprises cet été, aboutissant à la compromission des données personnelles de milliers de particuliers et d'entreprises. La DGFIP a confirmé, le 14 août, que deux intrusions en juin ont affecté au moins 678 000 personnes et professionnels. Les informations exposées incluent des éléments sensibles tels que la profession, l'adresse et le quotient familial, des données susceptibles d'entraîner des tentatives d'arnaque et une atteinte durable à la vie privée.
Face à cette situation, «plusieurs centaines de personnes» victimes ont décidé d'engager une action collective contre l'État, selon Me Jérémy Roche, avocat spécialiste en protection des données, interrogé sur franceinfo. Il s'appuie sur l'article 82 du RGPD pour demander des dommages et intérêts : ce texte prévoit un droit à indemnisation dès la survenance d'un préjudice réel. L'avocat précise que seules les personnes effectivement victimes de cette fuite peuvent se joindre à l'instance collective.
Me Roche évoque la reconnaissance d'un préjudice moral pour ceux qui vivent dans une forme d'inquiétude suite à l'exposition de leurs données, en admettant qu'il existe «très peu de jurisprudence» sur ce point. Il indique aussi que les victimes ayant engagé des frais de sécurisation — installation d'alarme, caméras, etc. — peuvent, en théorie, demander le remboursement de ces dépenses à l'État en fournissant les factures correspondantes.
La fuite met aussi en lumière l'état des systèmes fiscaux : la source rappelle que seuls 52 % des logiciels et serveurs du fisc étaient modernisés fin 2025, un élément pertinent pour évaluer les mesures de sécurité mises en œuvre. Les victimes doivent désormais être informées de leur situation, ce qui engage la responsabilité de l'administration et ouvre un processus judiciaire et indemnitaire encore en constitution.


