La forte progression du pétrole — le Brent à 101,29 $ (+3,44%) et le WTI à 96,45 $ (+3,68%) — a été le principal moteur du pessimisme des investisseurs mercredi. Le marché intègre l'escalade des tensions au Moyen‑Orient après des frappes attribuées à l'Iran et l'incendie de navires dans le Golfe, alimentant le risque d'un choc d'offre pétrolière. Cette flambée du brut intervient à la veille d'une série de publications américaines d'inflation (PPI jeudi, CPI vendredi) et d'une réunion de la BCE attendue jeudi, qui devrait selon la majorité des analystes relever ses taux pour la deuxième fois cette année.

La perspective d'une inflation plus élevée plate des marchés obligataires et des actions. Le rendement du Trésor américain à 10 ans a grimpé à 4,85%, un niveau rarement vu depuis novembre 2023, tandis que le «10 ans» français atteignait 4,34% et le Bund allemand 3,44% (contre 3,36% la veille). La Belgique a vu son taux à 10 ans dépasser 4%, un plus haut remontant à janvier 2012, signe d'une pression acheteuse persistante sur les obligations qui renchérit le coût du crédit.

Conséquence logique, les marchés actions européens ont reculé: Stoxx Europe 600 (-1,41%) et Euro Stoxx 50 (-1,58%). Paris a été particulièrement touché (-1,94%), plombé par le luxe (Kering -4,97%, LVMH -3,59%). Francfort a perdu 1,66%, pénalisé par Rheinmetall (-3,75%), et Londres a cédé 1,31% avec Burberry en baisse de 4,01%. Wall Street était également dans le rouge (Dow -0,86%, Nasdaq -0,80%, S&P 500 -0,58%), à l'exception de Meta qui a bondi de 6,24% ; Apple reculait de 0,90%.

Les commentaires d'analystes cités soulignent le dilemme des banques centrales: Kevin Warsh (Fed) est décrit comme indépendant et monétariste, peu enclin à céder aux pressions politiques, tandis que certains gestionnaires jugent qu'un resserrement monétaire trop agressif n'est pas justifié si l'inflation résulte principalement d'un choc d'offre énergétique. Cependant, le marché semble déjà pricer des taux plus élevés, ce qui rend le contexte défavorable pour les actions tant que la hausse des prix de l'énergie et les décisions des banques centrales restent incertaines.