Pluxee et Edenred ont reculé malgré une réforme des titres-restaurant moins sévère que ce que redoutait le marché. La commission des Affaires sociales a adopté une proposition de loi visant à moderniser et rééquilibrer le dispositif. Le texte ne prévoit pas, à ce stade, de plafonner immédiatement les commissions facturées aux commerçants, qui constituent une source importante de revenus pour les deux groupes.
La réforme organise la disparition des titres papier au profit des cartes et applications à compter du 1er janvier 2028. Plus de 80 % des transactions étant déjà dématérialisées, l’effet opérationnel devrait rester limité. Cette évolution pourrait même réduire les coûts de traitement du papier, un changement demandé de longue date par les émetteurs.
Le texte prévoit également la suppression des remises de fin d’année accordées aux entreprises clientes et un renforcement de la transparence sur les frais. Ces mesures peuvent modifier les conditions commerciales du secteur, mais la principale crainte portait sur un plafonnement des commissions versées par les restaurateurs et commerçants. Son absence protège à court terme une composante essentielle de la marge de Pluxee et d’Edenred.
Le modèle économique des émetteurs repose sur trois sources principales : la vente des titres aux entreprises, les commissions payées par les commerçants et les produits financiers issus des sommes conservées entre l’émission et l’utilisation des titres. Toute contrainte réglementaire sur l’une de ces composantes peut donc modifier la rentabilité.
Malgré le soulagement apparent, les deux actions ont ouvert en baisse. Les investisseurs semblent considérer que le risque réglementaire n’a pas disparu et pourrait réapparaître lors de la suite du parcours législatif ou à travers de futures mesures. Les précédents en Italie et au Brésil renforcent cette prudence.
AlphaValue conserve une opinion positive sur les deux titres, avec une recommandation d’achat sur Pluxee et de renforcement sur Edenred. Pour les investisseurs, l’enjeu consiste toutefois à suivre le texte final plutôt que les seules recommandations : les amendements, le calendrier d’application et les mesures sur les commissions détermineront l’effet réel sur les marges.


