Un rapport publié le 8 septembre par Réseau Action Climat appelle la France à recentrer sa stratégie touristique sur les clientèles de proximité (françaises et européennes). L’ONG critique l’orientation actuelle qui favorise l’attraction de clientèles lointaines et concentre les flux sur des zones précises comme l’Île-de-France et la Côte d’Azur, au détriment d’un accueil réparti sur l’ensemble du territoire.
Le collectif met en avant des chiffres frappants: la France a accueilli 102 millions de visiteurs l’an dernier pour 77,5 milliards d’euros de recettes internationales, mais cette croissance s’accompagne d’une dégradation du cadre de vie dans certaines destinations. À titre d’exemple, le port de Marseille reçoit 48% des croisiéristes en escale en France; les navires de croisière, majoritairement alimentés par des carburants fossiles, aggravent la pollution de l’air dans ces villes.
Réseau Action Climat souligne aussi des déséquilibres dans l’usage des grands aéroports: sur 61 millions de passagers internationaux, seulement 23 millions sont des étrangers venant en France (38%), tandis que 38 millions sont des résidents français partant à l’étranger (62%). L’ONG en déduit que la hausse du trafic aérien ne profite pas mécaniquement au tourisme récepteur français.
L’association pointe l’évolution de l’offre hôtelière vers une montée en gamme, une internationalisation de la clientèle et une hausse des prix des hébergements « près de deux fois plus rapide que l’inflation en 20 ans », ce qui contribue à l’exclusion des résidents et à des arbitrages favorisant les départs à l’étranger. Pour y remédier, elle propose notamment la création d’un fonds national de soutien au départ en vacances et une réorientation des campagnes de promotion vers les pays européens proches.


