Haleon a subi une forte sanction à Londres après la publication de résultats inférieurs aux attentes et d'une prévision annuelle abaissée. L'action a reculé de 11,8 % à 329,8 pence et a touché un plus bas sur 52 semaines à 317,9 pence.
Le groupe de santé grand public anticipe désormais une croissance organique du chiffre d'affaires d'environ 2,5 % en 2026. Au troisième trimestre, la croissance organique a atteint 2,6 %, pour des revenus de 2,87 milliards de livres sterling. Le marché a surtout retenu que cette trajectoire se situait au bas, voire sous la tendance de moyen terme précédemment attendue.
La santé respiratoire a pesé sur la performance. Les ventes ont reculé de 2 % en raison d'une consommation plus faible de produits contre la toux, le rhume et la grippe. En Europe, les revenus ont diminué de 0,6 %, avec des volumes en baisse dans un environnement difficile, notamment en Allemagne.
Des éléments spécifiques ajoutent de l'incertitude. En Chine, une modification de classification des matières premières touchant Centrum a réduit la croissance trimestrielle de 50 points de base, avec des perturbations susceptibles de durer jusqu'en 2027. Au Brésil, l'accélération de la refonte de la distribution devrait diminuer le chiffre d'affaires net du quatrième trimestre de 15 à 20 millions de livres.
La santé bucco-dentaire constitue le principal point positif, avec une croissance de 8,8 %. Haleon a aussi annoncé un programme de rachat d'actions de 500 millions de livres d'ici la publication annuelle de février. Les retours aux actionnaires atteindraient ainsi 1,6 milliard de livres sur l'année. Cette annonce n'a toutefois pas compensé la révision des perspectives.
Pour l'investisseur, la baisse reflète un changement d'anticipations plus qu'un effondrement immédiat de l'activité. Les produits de santé grand public conservent généralement une demande relativement défensive, mais leur croissance dépend des volumes, du pouvoir de fixation des prix et de la force des marques.
Le titre était déjà entouré d'avis prudents d'analystes, ce qui a pu amplifier la réaction. Un rebond durable nécessitera une stabilisation de la santé respiratoire, une résolution des perturbations chinoises et une amélioration des volumes européens. Le rachat d'actions soutient le bénéfice par action, mais ne remplace pas la croissance organique. La chute peut rendre la valorisation plus attractive, sans supprimer le risque de nouvelles révisions si le quatrième trimestre reste faible.
