L’action Zip Co a rebondi de 14 % lundi à 1,67 dollar australien, alors que l’ASX 200 évoluait autour de l’équilibre. Ce mouvement intervient après une chute proche de 30 % la semaine précédente, provoquée par la révélation d’un incident de fraude aux États-Unis et par une hausse des créances douteuses au premier trimestre de l’exercice 2027.
Le redressement a été favorisé par les analyses de Macquarie et UBS. Les deux établissements ont maintenu leurs recommandations d’achat et estimé que la réaction initiale du marché était excessive au regard du potentiel de croissance de Zip. Le groupe a également informé le marché de l’avancement de son programme de rachat d’actions. Ce signal peut soutenir le cours, mais il ne règle pas à lui seul les interrogations sur la qualité du crédit et le coût de la fraude.
Les données opérationnelles du trimestre restent solides. Le volume total des transactions a progressé de 18 % sur un an pour atteindre 4,6 milliards de dollars. Le chiffre d’affaires a augmenté de 17 %. La directrice générale Cynthia Scott a en outre confirmé l’objectif annuel d’EBTDA à 340 millions de dollars, soit une croissance attendue de 26 % par rapport à l’exercice précédent. Le maintien de cette prévision suggère que la direction ne considère pas, à ce stade, les incidents récents comme susceptibles de remettre en cause l’ensemble de la trajectoire annuelle.
Le rebond a probablement aussi été amplifié par la structure du marché. Environ 13,3 % du capital de Zip fait l’objet de positions vendeuses, l’un des niveaux les plus élevés de la Bourse australienne. Lorsque le sentiment s’améliore rapidement, certains vendeurs à découvert peuvent racheter les titres pour réduire leur risque, ce qui renforce temporairement la hausse. Cela ne prouve pas que le mouvement repose uniquement sur un rachat de positions courtes, mais cette configuration accroît la volatilité.
Pour l’investisseur, la séance positive ne fait donc pas disparaître les risques révélés la semaine précédente. L’enjeu principal est de déterminer si la fraude américaine constitue un incident isolé ou le symptôme de contrôles insuffisants. La progression des créances douteuses doit également être comparée à celle des volumes et des revenus. Une croissance rapide peut perdre de sa valeur si elle exige davantage de provisions ou détériore la rentabilité.
Le titre reste ainsi partagé entre une dynamique commerciale robuste et une incertitude accrue sur le risque de crédit. Après une baisse de près de 30 %, puis un rebond de 14 %, une partie importante du mouvement relève d’une réévaluation rapide des attentes. Les prochaines publications devront confirmer la guidance, préciser le coût de la fraude et montrer que la qualité du portefeuille ne se dégrade pas davantage.

