Le SEQE 2 est une directive européenne qui élargit le système d’échange de quotas d’émission existant aux secteurs du transport routier, du résidentiel et des petites entreprises. La France, initialement tenue de transposer ce texte au 1er janvier 2027, a repoussé l’échéance au 1er janvier 2028 : la mise en œuvre effective dépendra donc de la politique du gouvernement issu de l’élection présidentielle des 18 avril et 2 mai 2027.
Concrètement, contrairement au marché carbone actuel ciblant les gros émetteurs (industrie lourde, transport aérien), le SEQE 2 obligera les distributeurs de carburants à acheter des quotas d’émission. Les ingénieurs de recherche en économie de l’environnement Paula Coussy et Olivier Laget (IFPEN), cités par Le Figaro, estiment que l’impact se traduirait par « quelques centimes par litre d’essence », le surcoût étant vraisemblablement répercuté sur les consommateurs.
L’objectif affiché de cette extension est une forte réduction des émissions : l’Union européenne vise « une baisse des émissions de CO₂ de 42 % en 2030 par rapport à 2005 », selon les mêmes experts. Ce cadre réglementaire s’inscrit donc dans la trajectoire climatique européenne mais implique un effet prix direct sur les carburants et le fioul domestique.
Sur le plan social et politique, le précédent de 2018 (mouvement des « gilets jaunes »), né après l’annonce d’une hausse de la taxe carbone, montre que des hausses du coût des carburants peuvent provoquer d’importantes tensions. Le calendrier — décision nationale à prendre après la présidentielle — rend le dossier particulièrement sensible pour les candidats et pour l’opinion publique.

