L’action Vale a chuté de 3,6 % en préouverture aux États-Unis, à 11,95 dollars. Le groupe minier brésilien a été entraîné dans un mouvement de vente généralisé sur les actifs liés au Brésil après la victoire surprise de Luiz Inácio Lula da Silva à l’élection présidentielle. Le résultat, qui lui donne un quatrième mandat, a pris les marchés de court et provoqué une hausse immédiate de l’aversion au risque sur les sociétés brésiliennes cotées à New York.
Pour Vale, cette réaction politique intervient au mauvais moment. Le groupe doit publier ses résultats du troisième trimestre 2026 après la clôture du marché le jeudi 29 octobre. Le consensus des analystes vise un bénéfice par action de 0,33 dollar, ce qui représenterait une baisse d’environ 47,6 % sur un an. La crédibilité de ces attentes est d’autant plus importante que Vale a manqué le consensus de bénéfice par action lors de chacun des trois derniers trimestres.
La pression sur le titre ne repose donc pas uniquement sur l’élection. Plusieurs banques ont récemment réduit leurs objectifs de cours. Deutsche Bank est passée de 16,50 à 15 dollars tout en maintenant une recommandation « Conserver », évoquant une dégradation des marges et des volumes avant les résultats. UBS a d’abord abaissé son objectif de 16,50 à 15 dollars avec une opinion « Neutre », puis l’a ramené à 14,50 dollars. Morgan Stanley a réduit le sien de 16,50 à 15,50 dollars, en affichant une préférence pour les métaux précieux plutôt que pour les métaux de base.
Les flux institutionnels ont ajouté une pression supplémentaire. Mondrian Investment Partners a déclaré le 25 octobre avoir réduit sa participation dans Vale. Cette opération ne suffit pas, à elle seule, à déterminer la tendance future du titre, mais elle renforce un climat déjà marqué par les révisions négatives des analystes et l’incertitude politique.
Pour l’investisseur, trois facteurs doivent être distingués. Le premier est la réaction de court terme au scrutin brésilien, qui peut évoluer rapidement selon les premières orientations économiques du gouvernement. Le deuxième concerne les fondamentaux de Vale, notamment les volumes, les marges et le prix des matières premières. Le troisième est le risque de publication, avec un historique récent de résultats inférieurs aux attentes.
Une baisse avant les comptes peut créer un potentiel de rebond si Vale rassure sur ses marges et ses perspectives. Elle peut aussi se prolonger en cas de nouveau manque au consensus ou de message prudent. Dans ce contexte, le niveau de 11,95 dollars ne constitue pas à lui seul un signal d’achat. La publication du 29 octobre et les premières annonces économiques au Brésil seront déterminantes pour séparer un mouvement politique temporaire d’une dégradation plus durable.

