Le retour de rendements obligataires élevés ravive le souvenir de 2021, lorsque la remontée des taux avait provoqué une correction des valeurs technologiques. Cette fois, les actions américaines résistent jusqu’à présent. Le Nasdaq a atteint un record à la fin de la semaine précédente et le S&P 500 affiche une progression de 13% depuis le début de l’année, contre 7% pour le STOXX 600 européen.
Les stratèges d’Edmond de Rothschild considèrent que cette résistance peut se prolonger. Leur raisonnement repose sur la cause de la hausse des taux. Lorsque les rendements augmentent parce que l’économie accélère, la croissance des bénéfices peut compenser la pression exercée sur les multiples de valorisation. Dans ce scénario, les entreprises cycliques et les valeurs de croissance bénéficient de meilleures perspectives d’activité.
Les secteurs des matériaux, de l’industrie et de la technologie sont identifiés comme les principaux bénéficiaires potentiels. Le S&P 500 dispose d’un avantage structurel grâce à sa forte exposition à la technologie et aux grandes entreprises de croissance. Cette composition peut lui permettre de continuer à faire mieux que des indices européens moins concentrés sur ces segments.
La comparaison avec l’Europe reste toutefois nuancée. Les pressions inflationnistes européennes semblent davantage liées à l’énergie qu’à une accélération de la demande. Les inquiétudes sur les déficits publics, notamment en France, peuvent également pousser les rendements obligataires à la hausse sans amélioration équivalente des bénéfices. Une hausse des taux provoquée par le risque budgétaire est moins favorable aux actions qu’une hausse liée à la croissance.
La distinction entre taux réels, inflation et bénéfices est donc essentielle. Les actions américaines peuvent absorber des rendements plus élevés tant que les résultats progressent suffisamment. Si les taux montent alors que l’économie ralentit ou que les estimations de bénéfices baissent, la valorisation élevée des valeurs technologiques redeviendrait un risque majeur.
