L’élection présidentielle française de 2027 pourrait devenir un facteur boursier important pour les groupes nationaux de l’aéronautique et de la défense. Bernstein estime que l’effet sera, dans le meilleur des cas, neutre et probablement négatif pendant la montée de l’incertitude politique. Le premier tour est prévu le 18 avril, mais le bureau d’études anticipe une pression sur les titres dès le début de l’année.
Les entreprises ne présentent pas la même sensibilité au marché français. La part d’exposition à la France est évaluée à 8% pour Airbus, 19% pour Safran, 25% pour Dassault Aviation et 28% pour Thales. Ce dernier serait donc le plus directement affecté par une éventuelle inflexion des dépenses militaires françaises. Airbus et Safran sont plus internationaux, mais restent exposés à la fiscalité sur leurs bénéfices réalisés en France.
L’analyse étudie trois scénarios politiques à partir de positions passées, les programmes officiels n’étant pas encore publiés. Une victoire de Marine Le Pen est jugée neutre à négative pour le secteur, en raison d’incertitudes sur le soutien à l’Ukraine et la relation avec l’OTAN, malgré une position favorable à la hausse du budget militaire orientée vers la souveraineté nationale. Le scénario Jean-Luc Mélenchon est considéré comme le plus défavorable, notamment en raison de positions sur l’OTAN, la nationalisation de l’industrie de défense et la fiscalité. Une victoire d’Édouard Philippe serait la plus proche d’une continuité, avec un objectif de budget militaire équivalant à 3% du PIB.
La surtaxe sur les grandes entreprises constitue un autre enjeu. Elle coûterait 500 millions d’euros à Safran en 2026, 200 millions à Airbus, 100 millions à Thales, tandis que Dassault Aviation avait comptabilisé 74 millions au premier semestre 2026.
Le budget français de la défense hors pensions doit passer de 50 milliards d’euros en 2025 à 57 milliards en 2026, 63 milliards en 2027 et 76 milliards en 2030. Malgré les risques politiques, Bernstein conserve une opinion positive sur Airbus, Safran et Thales, avec des objectifs respectifs de 240, 420 et 250 euros. Dassault Aviation reste à performance de marché, avec une cible de 340 euros.
