Lors d’un passage à la braderie de Lille, Jean‑Luc Mélenchon a livré une prise de parole tournée vers la campagne présidentielle, abordant successivement enjeux sociétaux, politique étrangère et priorités économiques. Sur les questions internationales, il a rejeté toute implication française dans ce qu’il qualifie de conflits illégitimes et demandé la libération d’un médecin palestinien détenu par Israël. Sur le plan intérieur, il a appelé à dépasser les débats sur le voile afin de préserver la paix religieuse.

Sur l’économie et le social, il propose la proclamation d’un “état d’urgence social” visant à geler immédiatement les prix, loyers et marges tout en augmentant les salaires et le Smic. Face à la dette publique, il réaffirme vouloir faire annuler les titres français détenus par la Banque centrale européenne, renvoyant à un précédent historique cité dans son argumentaire. Il souhaite également détourner une partie de l’épargne des ménages (assurance‑vie, Livret A, ressources de la Caisse des dépôts) vers des investissements définis par une planification écologique assortie de contreparties strictes.

Sur les politiques publiques, il préconise la création d’un indicateur de développement humain axé sur la santé, l’éducation et l’égalité, et défend la gratuité de la cantine biologique pour tous les enfants. Il avance un projet de transformation agricole pour lutter contre les maladies chroniques qu’il qualifie de conséquences politiques et plaide pour des priorités industrielles — énergies marines, aérospatial — négociées directement avec les branches plutôt qu’avec le Medef.

Enfin, le discours a été l’occasion d’attaques ciblées contre des figures de la droite et de l’extrême droite, notamment après des déclarations à l’étranger de Jordan Bardella, et d’une critique de la réponse de l’État aux incendies estivaux liée, selon lui, à un déficit d’investissements dans les moyens aériens de lutte.