La première hausse des taux de la Réserve fédérale depuis trois ans n’a pas, à ce stade, cassé la dynamique des actions américaines. L’indice Morningstar US Total Market affichait encore une progression de 12,6 % depuis le début de 2026 et restait à environ 3 % de son récent record. Le soutien principal vient des résultats des entreprises : hors éléments non récurrents, les bénéfices du S&P 500 ont progressé de 32 % au deuxième trimestre, et le consensus FactSet attend encore près de 28,7 % de croissance au trimestre en cours.

Cette résistance est toutefois confrontée à un environnement plus exigeant. Le Brent évolue autour de 105 dollars le baril dans un contexte de tensions au Moyen-Orient et de perturbations des flux énergétiques. La remontée du pétrole entretient les pressions inflationnistes, augmente le risque de nouvelles hausses de taux et peut pousser les rendements obligataires à des niveaux moins favorables aux valorisations boursières. Un déplacement des capitaux vers les obligations deviendrait plus probable si les taux réels progressaient fortement.

L’autre variable clé reste l’intelligence artificielle. Les investissements mondiaux dans les infrastructures d’IA pourraient dépasser 1 000 milliards de dollars cette année selon Goldman Sachs, ce qui continue de soutenir les grands fournisseurs de semi-conducteurs, de cloud et d’infrastructures. En revanche, un ralentissement des dépenses ou une révision des plans d’investissement des grandes plateformes technologiques pourrait réduire ce moteur. La prochaine saison de résultats sera donc déterminante pour mesurer si la croissance des bénéfices reste suffisamment forte pour compenser le coût plus élevé de l’énergie et du capital.