Une soixantaine d’opposants au développement de Paris-Charles de Gaulle se sont rassemblés devant le siège du Groupe ADP, gestionnaire de l’aéroport. Ils demandent l’abandon du programme de modernisation prévu pour la période 2027-2034, estimant qu’il entre en contradiction avec les engagements climatiques français et qu’il accroîtrait les nuisances pour les riverains.
Le projet représente 8,2 milliards d’euros d’investissements. Il prévoit notamment de nouvelles portes d’embarquement, sans création d’un terminal supplémentaire. Charles de Gaulle concentre près de 40 % du trafic aérien en France, ce qui donne à cette transformation une importance stratégique pour ADP et pour la capacité aéroportuaire nationale.
Les organisations mobilisées avancent que l’évolution envisagée permettrait environ 350 vols supplémentaires par jour à l’horizon 2050, soit un volume qu’elles comparent à l’activité de l’aéroport de Marseille. Elles citent également une étude publiée en septembre par Transport & Environment, selon laquelle les émissions de gaz à effet de serre liées à Roissy pourraient augmenter de 28 % d’ici 2050. Ces chiffres sont présentés par les opposants au projet et devront être confrontés aux évaluations officielles et aux engagements d’ADP.
Le gouvernement avait renoncé début 2021 au projet de terminal 4, qui aurait porté la capacité de Charles de Gaulle à 120 millions de passagers dès 2037. Lors de la présentation de son nouveau plan en 2025, ADP avait défendu une approche plus progressive et plus sobre. Le débat se déplace désormais vers l’ampleur réelle du trafic supplémentaire, la compatibilité climatique du programme et les mesures destinées aux populations voisines.
Pour les investisseurs, le sujet concerne à la fois la croissance à long terme d’ADP et le risque d’exécution. Contestations publiques, arbitrages politiques et contraintes environnementales peuvent influer sur le calendrier, les autorisations et le rendement des investissements. À l’inverse, une modernisation menée sans blocage pourrait renforcer la capacité et la qualité de service du principal aéroport français.


