Les postes de Ras Jdir et Dhehiba jouent un rôle économique majeur entre la Tunisie et la Libye. Ils assurent une part importante de la circulation des personnes et des marchandises entre le sud-est tunisien et l’ouest libyen, dans un espace où coexistent commerce formel et activités informelles.
Début septembre, le président tunisien Kaïs Saïed et le président du Conseil présidentiel libyen Mohamed El-Menfi ont convenu d’intensifier les consultations pour lever les obstacles aux frontières. L’objectif affiché est de fluidifier les échanges dans les deux sens, alors que les difficultés de passage affectent directement les communautés locales et les petits commerces.
Cette question dépasse la seule mobilité. Le fonctionnement des postes-frontières influence l’approvisionnement, les revenus des habitants et l’activité commerciale de territoires qui dépendent fortement des échanges transfrontaliers. Les autorités doivent toutefois concilier ouverture économique, sécurité et encadrement des produits sensibles ou prohibés.
Une commission douanière mixte tuniso-libyenne s’était déjà réunie en mai 2026. Ses travaux portaient sur la coopération entre administrations, la formation, la lutte contre la contrebande et le crime organisé, ainsi que sur l’amélioration du transit commercial. Cette coordination technique constitue la base opérationnelle des engagements politiques plus récents.
Une amélioration durable supposerait des procédures plus prévisibles, une meilleure coordination douanière et des capacités adaptées au volume des flux. Pour les économies locales, l’enjeu n’est donc pas seulement d’ouvrir davantage la frontière, mais de rendre les échanges plus réguliers et mieux encadrés. Les prochaines décisions concrètes permettront de mesurer si les annonces se traduisent par une réduction effective des délais et des blocages.
