Les ETF thématiques prennent une place croissante dans les portefeuilles européens. Lors d’une présentation organisée avec Trackinsight, VanEck a mis en avant l’intérêt des investisseurs pour les thèmes liés à la sécurité nationale, à l’énergie, à l’intelligence artificielle et aux métaux stratégiques. Ces données émanent d’un émetteur d’ETF et doivent donc être lues comme le constat d’un acteur directement impliqué dans ce marché.
VanEck indique avoir collecté plus de 13 milliards de dollars en Europe en 2026, contre 10 milliards sur l’ensemble de 2025. Ses encours UCITS atteindraient 47,9 milliards de dollars à l’approche de la fin octobre, six fois plus qu’à la fin de 2023 et en hausse de 51 % depuis le début de l’année.
La collecte annoncée se répartit entre 6,7 milliards de dollars pour les ETF thématiques, 5,1 milliards pour les ETF dits « core » et 2,9 milliards pour les produits sectoriels. Le VanEck Semiconductor UCITS ETF aurait capté à lui seul 2,4 milliards de dollars. Du côté des stratégies de cœur de portefeuille, la collecte se serait concentrée presque entièrement sur un ETF de sociétés développées distribuant des dividendes élevés et réguliers.
Trackinsight recense plus de 15 000 ETF dans le monde. Selon les données présentées, l’offre thématique cotée en Europe est passée d’environ 200 produits en 2017 à 1 610 aujourd’hui, tandis que le nombre de thèmes accessibles est passé de 62 à plus de 90. Depuis 2020, la croissance des encours thématiques dépasserait celle des ETF sectoriels ou factoriels.
Cette évolution répond à une recherche d’expositions plus ciblées. Un ETF consacré à la défense, par exemple, peut sélectionner des entreprises dont les revenus dépendent directement des budgets militaires, alors qu’un indice sectoriel aéronautique et défense peut aussi inclure de nombreux acteurs de l’aviation civile. La précision de l’exposition a cependant un prix : un thème étroit peut entraîner davantage de concentration, de volatilité et de dépendance à quelques valeurs.
Pour l’investisseur, un ETF thématique ne remplace donc pas automatiquement un portefeuille diversifié. Il peut compléter une allocation de long terme, à condition d’examiner l’indice suivi, le nombre de positions, les principaux poids, les frais, la liquidité et la valorisation des entreprises sous-jacentes. Une collecte rapide signale un intérêt, mais ne garantit ni le rendement futur ni un bon point d’entrée.

