Les statistiques publiées vendredi montrent une situation de l’emploi plus robuste qu’attendu: le taux de chômage est demeuré inchangé en août à 4,1% et 162 000 emplois nets ont été créés, soit le triple des attentes des marchés. Le service statistique du ministère du Travail a en outre révisé à la hausse les créations pour juin et juillet, renforçant l’image d’un marché du travail serré.
Sur le plan politique, ces chiffres alimentent les arguments de l’exécutif: Kevin Hassett, conseiller économique du président Trump, a qualifié le rapport de «bien bien meilleur» que prévu, y voyant la preuve de l’efficacité des politiques gouvernementales. Le point d’attention demeure cependant la trajectoire des prix: les indices de référence indiquent une inflation en hausse, avec un CPI à 3,4% et un PCE à 3,7% en glissement annuel pour juillet; le CPI d’août doit être publié dans une semaine.
Les tensions géopolitiques et la flambée des carburants pèsent sur la conjoncture. Depuis l’ouverture d’un conflit entre les États-Unis et l’Iran et le blocage du détroit d’Ormuz par Téhéran, les prix de l’énergie ont bondi: le diesel a atteint 5,85 USD le gallon (record) et l’essence ordinaire moyenne s’inscrit à 4,15 USD le gallon, selon l’association automobile américaine. Ces coûts élevés se répercutent mécaniquement sur la production et le transport, avec des implications possibles sur l’inflation à la consommation.
La Réserve fédérale, qui n’a plus modifié ses taux depuis décembre 2025, voit la perspective d’un resserrement remonter: trois des douze votants avaient demandé une hausse en juillet, et plusieurs responsables ont indiqué qu’ils pourraient voter une remontée des taux dès la réunion de mi-septembre si la hausse des prix ne faiblit pas. Le contexte électoral — midterms du 3 novembre — et les réactions publiques, dont le message de Donald Trump exigeant une baisse des taux, ajoutent une dimension politique aux débats monétaires et économiques.
