Reliance Industries a choisi l’apaisement face aux critiques d’Elon Musk sur les conditions d’entrée de Starlink en Inde. Le groupe contrôlé par Mukesh Ambani affirme accueillir favorablement la concurrence dans l’Internet par satellite, tout en rappelant que ses propres services satellitaires restent eux aussi dans l’attente d’autorisations réglementaires.
Cette prise de parole intervient après une semaine d’attaques de Musk contre le gouvernement indien et Reliance. Le dirigeant de SpaceX et Tesla les accuse de freiner le déploiement de Starlink sur un marché qui compte plus d’un milliard d’abonnés à Internet. Reliance n’a pas nommé Musk dans son communiqué, mais a indiqué vouloir répondre à de récentes remarques et rétablir les faits.
L’enjeu financier est accentué par le calendrier de Jio Platforms. Reliance prépare l’introduction en Bourse de sa filiale numérique, valorisée 108 milliards de dollars selon les éléments rapportés par Reuters. Jio est déjà le premier opérateur mobile indien, avec plus de 530 millions de clients. La perception de sa capacité à défendre ses positions, à développer de nouveaux relais de croissance et à naviguer dans le cadre réglementaire peut donc influer sur l’appétit des investisseurs pour cette opération.
Starlink apporte une technologie et une marque mondiales, mais son entrée dépend des mêmes autorisations nationales qui conditionnent les projets de Jio. La concurrence satellitaire ne remplace pas immédiatement les réseaux mobiles terrestres ; elle peut en revanche étendre la couverture dans les zones mal desservies et modifier, à terme, l’économie de l’accès haut débit.
Pour les investisseurs, le point décisif n’est pas le ton de la controverse mais la traduction réglementaire et commerciale. Les licences, les modalités d’attribution du spectre, le calendrier de lancement et les investissements nécessaires détermineront si le satellite devient un moteur de croissance, une pression sur les marges ou un simple complément à l’offre existante. À l’approche de l’introduction en Bourse, toute clarification sur ces éléments pèsera davantage que les déclarations publiques des dirigeants.


